Résilience des territoires

Territoire : anticiper et se préparer au risque naturel

Territoire : anticiper et se préparer au risque naturel

Les catastrophes naturelles que nous avons connu en France et dans le monde ces dernières années, sont inégalables. Le rapport annuel 2022 de l’organisation météorologique mondiale (OMM) publié le 21 avril 2023 confirme la tendance. Les effets du changement climatique sont bien là, et ils sont lourds de conséquences : températures toujours plus élevées, glaciers qui disparaissent, sécheresses, inondations, vagues de chaleurs frappent de plus en plus de personnes.

Notre vulnérabilité croissante face aux risques naturels, n’est plus à démontrer.

Dans cet article, nous allons explorer les différentes stratégies adoptées pour anticiper et se préparer au risque naturel.

Au sommaire de cet article

  • Liste des 11 risques naturels auxquels se préparer

  • Les Risques Naturels en 7 grands axes

1- La liste des 11 risques naturels auxquels se préparer

Les deux tiers des 36 000 communes françaises sont exposées à au moins un risque naturel.

11 risques naturels principaux sont prévisibles en France :

  1. Les inondations

Premier risque naturel en France. Il provoque d'importants dommages, et concerne un grand nombre de communes : 27 000 km² de zones inondables, avec 5,1 millions de personnes résidant dans ces zones.

  1. Les séismes

Chaque année, sur Terre, plus de 150 séismes de magnitude supérieure ou égale à 6 sur l’échelle de Richter (séismes potentiellement destructeurs) se produisent. En France, c’est en Guadeloupe et à la Martinique que le risque sismique est le plus élevé, ces deux îles étant situées à la frontière de deux plaques tectoniques.

  1. Les éruptions volcaniques

Risque majeur pour trois départements d’outre-mer. Même prévisible, ce phénomène reste dangereux et destructeur.

  1. Les mouvements de terrain

Il y a plusieurs types de phénomènes différents :

  • Les affaissements et les effondrements liés aux cavités souterraines

  • Les éboulements et les chutes de pierres et de blocs

  • Les glissements de terrain

  • Le retrait-gonflement des sols argileux

Ces mouvements se déclenchent sous l’effet

  • De facteurs naturels (fortes précipitations, alternance de gel et dégel, températures très élevées)

  • D’activités humaines (déboisement, exploitation de matériaux, travaux de terrassement)

Même ponctuels, ces mouvements ont souvent des conséquences matérielles et humaines lourdes. 7 000 communes sont concernées en France.

  1. Les avalanches

Les moins meurtrières, les accidents majeurs restent exceptionnels. En France, dans plus de 95% des cas, les accidents sont liés aux activités de loisirs. La prévision des avalanches reste une science difficile.

  1. Les feux de forêt

La France, pays très boisé, est particulièrement exposée à ce risque. Si les incendies de forêt étaient autrefois surtout en région méditerranéenne, en Corse et dans les Landes, aujourd’hui avec l’augmentation des sécheresses, c’est l’ensemble de la France qui est menacé. La politique de prévention de ce risque s’articule autour :

  • De la lutte contre les incendies

  • De la gestion de la forêt et de l’espace entre la forêt et les habitations (interfaces habitat-forêt)

  • De l’information du public et des usagers de la forêt

  1. Les cyclones

Ils sont parmi les plus dévastateurs et représentent un risque majeur pour les zones intertropicales, notamment pour les départements d’outre-mer. Malgré des progrès dans sa compréhension et dans la surveillance, les cyclones font chaque année de nombreuses victimes et ont des coûts économiques très lourds.

  1. Les tempêtes

L’ensemble du territoire français est exposé à ce risque et plus particulièrement les zones littorales et les parties nord et nord-ouest du territoire national :

  • Vents pouvant dépasser 200 km/h en rafales

  • Pluies importantes

  • Marées de tempête

  • Forte houle. L’ensemble des sont spécialement exposées.

  1. Risques littoraux

La France est particulièrement concernée par les risques littoraux avec près de 20 000 km de côtes, très urbanisés, beaucoup peuplés avec de nombreuses activités, ce qui la rend particulièrement vulnérable. Le changement climatique intensifie cette vulnérabilité avec une élévation du niveau de la mer.

On distingue 2 risques majeurs :

  • La submersion marine : inondations côtières provoquées par les tempêtes qui peuvent durer quelques heures ou quelques jours. Par exemple La tempête Xynthia, en 2010, a causé la mort de 59 personnes et des dégâts matériels évalués à près de 2 milliards d’euros sur la façade Atlantique

  • les tsunamis : causées par un séisme ou une éruption volcanique ou un glissement de terrain sous-marin, provoquant des courants violents et destructeur.

  1. Radon

Le radon est un gaz radioactif incolore et inodore, naturel. Présent le plus souvent à faibles taux, il est tout de même la seconde cause de mortalité par cancer du poumon. On le trouve dans certains bâtiments et représente un risque pour la santé. Dans les régions aux sous-sols granitiques ou volcaniques (Massif central, Vosges, Bretagne, Guyane, Nouvelle Calédonie, Mayotte, Saint-Pierre-et-Miquelon…) sa concentration est plus élevée, Les personnes qui résident dans ces régions doivent être vigilantes.. Le code de la santé publique fixe le niveau de référence en radon à 300 Bq/m3 en moyenne annuelle dans les immeubles bâtis.

  1. Sécheresse


Les périodes de sécheresse sont maintenant bien connues et de plus en plus fréquentes avec le réchauffement climatique, elles peuvent résulter d’un manque de pluie, mais aussi d’une utilisation trop intensive ou inadaptée de l’eau disponible.

Dans une sécheresse, les sols et la flore sont fortement affectés. Les conséquences sont variées : assèchement des cours d’eau, déstabilisation des milieux naturels, impact sur l’approvisionnement en eau potable, augmentation du risque d’incendies…

Il y a 3 types de sécheresses :

  • La sécheresse météorologique : manque de pluie

  • La sécheresse agricole : manque d’eau dans les sols ce qui nuit au développement de la végétation

  • La sécheresse hydrologique quand les lacs, rivières, cours d’eau ou nappes souterraines ont des niveaux anormalement bas

On note 4 niveaux de gravité :

  1. Vigilance : inciter et sensibiliser à économiser l’eau (particuliers et professionnels) mais pas de restriction

  2. Alerte : réduction de tous les prélèvements en eau et interdiction des activités impactant les milieux aquatiques ; restrictions en matière d’arrosage, de remplissage et de vidange des piscines, de lavage de véhicules et d’irrigation de cultures

  3. Alerte renforcée : réduction de tous les prélèvements en eau et interdiction des activités impactant les milieux aquatiques ; restrictions renforcées en matière d’arrosage, de remplissage et de vidange des piscines, de lavage de véhicules et d’irrigation de cultures ;

  4. Crise : déclenché pour préserver les usages prioritaires ; interdiction des prélèvements en eau pour l’agriculture (totalement ou partiellement), pour de nombreux usages domestiques et pour les espaces publics

2- Les Risques Naturels en 7 grands axes

La connaissance des aléas

Pour prévenir il faut savoir. Il est donc important en amont de connaître les aléas, les risques majeurs mais également les acteurs et les moyens d'actions disponibles.

L’État est le responsable légal pour évaluer le risque, collecter l’information et en assurer

la transmission.

Ceci permet de constituer une cartographie des aléas.

La surveillance des phénomènes

Elle anticipe les événements afin de pouvoir informer et alerter rapidement la population. Elle prépare à la gestion de crises.

Par exemple, la surveillance météorologique permet la prévision des tempêtes.Si certains phénomènes sont surveillés en permanence (par exemple les mouvements de terrain de grande ampleur), d'autres comme les crues rapides de rivières ou les effondrements de terrain sont difficiles à anticiper.

L’information préventive

Elle permet de rendre chaque citoyen acteur en prenant conscience de son exposition et de ses moyens d'action.

Les enseignements des événements passés permettent de développer une mémoire du risque et développent une conscience de celui-ci.

Cette information doit permettre à la population d’avoir des comportements adaptés face aux menaces.

Par ailleurs, plusieurs documents visent à informer et sensibiliser la population sur les risques naturels présents sur le territoire :

  • le dossier départemental des risques majeurs (DDRM), établi par le préfet. Il recense tous les risques naturels identifiés dans le département et les porte à la connaissance des communes concernées par ces risques ;

  • le dossier d’information communal sur les risques majeurs (DICRIM), élaboré par le maire. Il reprend les informations transmises par le préfet et précise les consignes de sécurité et les mesures de sauvegarde répondant aux risques présents sur la commune. Ce document est porté à la connaissance du public et consultable en mairie.

La maîtrise de l’urbanisation

Certainement l’outil le plus efficace est la maîtrise de l'urbanisme qui va limiter les dommages liés à un risque. En réduisant au maximum l’urbanisation dans les zones à risque.

L’outil phare de maîtrise de l’urbanisation en zone à risques est

Le Plan de Prévention des Risques est l’outil essentiel de maîtrise de l’urbanisation. Il réglemente l’utilisation des sols à l'échelle communale, en fonction des risques

auxquels ils sont soumis.

  • Interdiction de construire

  • Possibilité de construire sous certaines conditions

  • Imposition d'aménagements sur les constructions existantes

La réduction du risque

Ce sont :

  • Les actions des collectivités pour agir sur la vulnérabilité des enjeux existants par exemple pour les inondations

  • Les actions individuelles comme renforcement parasismiques ou débroussaillement des zones boisées.

Elle bénéficie d’aides financières particulières avec le fonds de prévention des risques naturels

La préparation

Le premier responsable de la sécurité des personnes et des biens à l’échelle de la commune est le maire.

Cela se traduit par le Plan Communal de Sauvegarde (PCS). Il détermine :

  • Les mesures immédiates de protection des personnes

  • Le mode de diffusion de l’alerte et des consignes de sécurité

  • Les moyens disponibles

  • Les mesures d’accompagnement et de soutien de la population

Depuis le 3 septembre 2005, chaque commune qui dispose d'un PPR approuvé doit

réaliser son PCS.

Cette préparation peut être élargie par un plan particulier de mise en sûreté dans les établissements abritant des vulnérabilités particulières : écoles, campings, musées…

Le Plan de Prévention des Risques Naturels (PPRN) lui est conçu sous l’autorité du préfet en associant les collectivités locales dans une démarche de concertation. Le PPRN est composé de trois documents :

  • Un rapport de présentation qui expose les études entreprises, les résultats et les justifications des délimitations des zones et réglementations inscrites dans le règlement et celles rendues obligatoires

  • Un plan de zonage, issu du croisement des aléas (fréquence et intensité des phénomènes) et des enjeux identifiant des zones inconstructibles, constructibles sous réserve d’aménagements particuliers ou constructibles

  • Un règlement décrivant les contraintes constructives et/ou d’urbanisme à respecter dans chaque zone.

Le Retour d’Expérience (REX ou RETEX) sur les risques naturels ou technologiques

Ou appréhender les futures crises à l’éclairage des évènements passés.

Les informations sur les phénomènes constatés sont recueillies et leurs causes analysées.Ceci permet de mettre en place des actions correctives pour éviter que les phénomènes ne se reproduisent.

Les risques sont réduits ainsi que le coût des catastrophes tout en améliorant la sécurité des personnes et la protection de l’environnement.

Le REX recueille aussi les informations liées aux conséquences de l'événement et à la gestion de crise. Il permet de mieux gérer les crises futures.

En conclusion

Il est évident que la prévention et la préparation jouent un rôle crucial dans la gestion des risques naturels. Encore que certains restent assez imprévisibles.

Avec les changements environnementaux que nous connaissons, ces risques s’intensifient, s’accélèrent et se déplacent. D’où l’importance d’être informé et de surveiller, d’élargir et intensifier la sensibilisation et l’information.

Construire un plan d’urgence avec des mesures de protection via par exemple un Plan de Sauvegarde paraît être un outil indispensable pour les communes.

Apprenez à mettre en place des stratégies efficaces pour comprendre et gérer les crises à venir, vous adapter au changement climatique et rendre votre territoire plus résilient.

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